J’ai tout de suite compris que le bateau allait devenir incontrôlable, et c’est en effet ce qui s’est passé. Mais j’ai quand même réussi à le remettre droit, à me mettre au portant et à enrouler mon spinnaker A3 tout en gardant le safran bâbord dans l’eau pendant que je barrais. (…)
J’ai pris des bandes de carbone et je les ai utilisées comme des attelles au niveau des fissures. Il a d’abord fallu couper ces bandes avec une meule et une lame spéciale que j’avais à bord. Ce n’était pas une partie de plaisir car tout a immédiatement été couvert de poudre de carbone. J’ai fait de la place dans le cockpit et je me suis mis au travail, tout en maintenant une vitesse moyenne de 19 noeuds. Et je ne me suis même pas coupé un doigt et je n’ai pas non plus fait de trou dans la coque!
A la fin, j’étais couvert de peinture argentée et de poudre de carbone, le cockpit ressemblait vraiment à l’atelier de Cliff (ndlr : l’ingénieur composite) ! Evidemment, la réparation n’est pas très jolie à voir mais au moins, ça fonctionne. Tout ça représente quand même sept heures de travail et pas mal de rangement ensuite! J’étais crevé mais plutôt content de nous. Un sacré travail d’équipe! »
Malgré cet incident, Thomson est parvenu à garder son allure et reste sixième au dernier pointage, toujours au contact du groupe de tête.