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« Champagne conditions » comme disent les anglo-saxons… Les vitesses atteintes ces dernières 24 heures dans les alizés ont certainement des effets grisants. Mais le stress est tout aussi présent quand il s’agit de tenir des moyennes de 18 nœuds, soit la cadence suivie depuis dimanche par les leaders de la Barcelona World Race.
Or, ce rythme effréné va continuer pendant 36 heures au moins. En dehors du potentiel pur des bateaux, toute la difficulté consiste à conserver cette allure-là sans flancher. Sans partir au tas, sans abîmer une voile ou la mettre à l’eau pendant une manœuvre, mésaventure survenue cette nuit à l’équipage d’Estrella Damm. |
Au programme pour tous donc : du portant plein pot vers un Pot au Noir qui ne fera certainement pas office de passage à niveau. Etroit (120 milles) et peu actif, il ne devrait opposer aucune résistance au passage des équipages. Virbac-Paprec 3 et Foncia qui ont dépassé cette nuit l’archipel du Cap-Vert sont attendus à l’équateur mercredi en fin de journée.Les retardataires, eux, vont continuer à se faire distancer. Ils devront être très patients avant de trouver l’occasion de se refaire une santé. Le groupe emmené par Renault Z.E a dépassé la barre des 500 milles de retard (600 à partir de Central Lechera Asturiana). Mais aucun des ces cinq-là n’a choisi la même voie pour gagner dans le Sud. Très à l’Est, Central Lechera Asturiana et FMC naviguent le long du Sahara, à 60 milles des côtes marocaines !
Ryan et Boris dans le TGV Sud : Grand changement depuis hier ! Les alizés sont arrivés, et le TGV sud est partie de la gare. On attend le classement du matin; espérons que nous avons gagné quelques milles. Notre Lombard est une machine de guerre dans les vagues au portant. Bonne semaine de travail. R&B - Neutrogena
Michèle Paret, Mirabaud :
" Nous sommes un peu tannés, secoués, fatigués. Il y a entre 25 et 30 nds et nous sommes sous spi avec 1 ris. Beaucoup de toile donc vigilance pour cause de mer croisée. Nous sommes au rythme des quarts courts pour barrer sous spi. Le pilote ne tient pas. Nous n’avons pas beaucoup de temps de faire autre chose. Les quarts durent environ 1 heure, voir moins la nuit. Nous trouvons notre équilibre comme cela. Dès que nous nous posons sur la bannette nous nous endormons tout de suite, sans même prendre le temps d’enlever le ciré. Un grand toilettage sera nécessaire à la fin des alizés. Mais ce n’est pas pour demain.
Il n’y a pas de souci au niveau du classement. Estrella Damm est un bateau très rapide. Si nous arrivons à ne pas nous faire détacher, nous serons contents. Le bateau va bien mis à part un safran qui vibre énormément. Ça résonne énormément dans le poste des pilotes. Le bruit est identique à celui fait par une 125 cm3 qui s’élance sur un Grand Prix.
Il n’y a pas de répit pour l’instant. D’ici 36 heures, le vent devrait être un peu moins fort. Nous avons fait de nombreux empannages sans souci ces derniers temps. Il y a quelques voiles sur le pont qui sont matossées et bien attachées, car nous nous faisons submerger assez souvent par l’eau. Mais le bateau est en pleine forme donc tout va. "
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A bord de Mirabeau
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