12/12/11 TRANSAT B TO B : PARCOURS MODIFIE ET SOUCIS SUR VIRBAC PAPREC 3
12/12/11 TRANSAT B TO B : PARCOURS MODIFIE ET SOUCIS SUR VIRBAC PAPREC 3
En tête depuis deux jours, François Gabart («Macif») menait toujours la flotte, hier, avec un matelas de plus de 40 milles sur son poursuivant Armel Le Cléac'h («Banque Populaire») et une pointe à 26,6 noeuds, son record pour l'instant. «Je n'oublie pas que mon objectif, c'est la qualif' pour le Vendée Globe. Avec ce qui nous attend, je ne dois pas me mettre dans le rouge. Je n'ai pas encore l'expérience de ce temps», disait-il, avec lucidité, lors de la vacation, hier, en présence de Guillaume Henry, directeur du Vendée Globe. S'il n'était pas encore à son maximum, le vent avait déjà forci lors de la nuit de samedi à dimanche. Jean-Pierre Dick («Virbac Paprec 3») avouait une moyenne de 20 noeuds pendant la vacation et Mike Golding («Gamesa») qu'il s'était «retrouvé à plat à deux reprises» en se réveillant. Plus mystérieux, Vincent Riou («PRB»), remonté à la 4e place, disait «hésiter entre le gennaker et le génois».
Aujourd'hui, le vent de nord-ouest devrait monter à 35 noeuds avec des rafales de 50 et des creux de 7m, puis monter demain à 45 noeuds avec des rafales de 55 à 60 noeuds! POINTAGE, hier à 16 h 30 : 1. François Gabart (Macif) à 1.913 milles de l'arrivée; 2. A.Le Cléac'h (Banque Populaire) à 46,8 milles du premier; 3. J.-P.Dick (Virbac Paprec 3) à 64,2m; 4. V.Riou (PRB) à 91,4m; 5. M.Golding (Gamesa) à 115,9m; 6. M.Guillemot (Safran) à 138,7m; 7. A.Thomson (Hugo Boss) à 152m; 8. L.Burton (Bureau Vallée) à 348,1 m
Gennaker récalcitrant pour Jean-Pierre Dick
Dès lors, le choix d'un nouveau point de passage obligatoire devenait le plus rationnel. Il permet de continuer la course, de ne pas mettre au deuxième plan les objectifs sportifs, tout en respectant au mieux les règles d'équité. A cette annonce, les coureurs ont répondu favorablement, même si certains, à l'instar de Mike Golding (Gamesa), ont avoué avoir été perturbés par cette modification qui implique forcément de revoir sa stratégie de course. Pour Vincent Riou (PRB) comme pour Alex Thomson (Hugo Boss), les deux solitaires positionnés le plus au nord de la flotte, l'aggiornamento stratégique sera forcément plus compliqué que pour les équipages situés dans leur sud… Et l'on conçoit bien que la décision soit plus difficile à digérer, même si tous les navigateurs ont assuré parfaitement comprendre les raisons qui ont justifié cette décision.
Pour l'heure, les solitaires profitent à plein de conditions encore maniables : vingt à trente nœuds de secteur ouest leur permettent de progresser rapidement vers le but, même si, comme le relatait Marc Guillemot (Safran), les conditions sur zone sont très instables, avec un vent variable en force comme en direction. Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) a d'autres préoccupations. Incapable de déverrouiller le hook de son gennaker, il ne peut ni affaler sa voile qui s'est bloquée, ni la rouler complètement. Seule possibilité dans l'immédiat : faire route vers des latitudes plus clémentes pour espérer résoudre la question quand le vent aura molli et que la mer sera moins formée. La solution sera peut-être de s'imposer un tour en tête de mât. Pour Jean-Pierre, la question du changement de parcours est forcément devenue secondaire.
Ils ont dit :
Marc Guillemot (Safran)
« Hier, je me suis battu contre une voile qui ne voulait pas s'enrouler. Ça a été trois heures de combat. Je trouve que c'est une très bonne décision qu'a prise la direction de course pour la sécurité des bateaux et des personnes. Rentrer avec des rafales à quarante ou cinquante nœuds dans Lorient, c'est mettre en danger nos bateaux et ceux qui viennent nous aider. C'est une décision courageuse et j'y adhère complètement. Avoir la bonne combinaison de voilure n'est pas très simple actuellement. Le vent est assez instable, surtout en intensité, il faut être patient.»
François Gabart (MACIF)
«Cette dépression, on la surveille depuis plusieurs jours et je commençais à réfléchir sur le fait de savoir si il fallait y aller. Je faisais des routages avec interdiction de monter dans des zones à plus de cinquante nœuds et du coup, je me trouvais avec une route qui m'amenait devant La Corogne. Donc, je pense que c'est une bonne chose pour la sécurité. C'est toujours délicat de changer de stratégie en course de route. C'est sûr que les bateaux les plus au nord sont plus pénalisés que nous, mais je pense que même eux, ils seront contents d'arriver dans des conditions plus maniables. Si on est capable de faire des choses qui vont dans le sens de la sécurité, il n'y a pas à hésiter. En tous les cas, la porte est très bien placée, car elle nous permet de ne pas nous coller au cap Finisterre et sa largeur nous laisse le choix, comme sur le Vendée Globe… »
Mike Golding (Gamesa)
« Je comprends tout à fait la décision de la direction de course et je l'approuve. Maintenant, il me faut bien avouer que sur le coup, j'étais un peu désemparé et démotivé de devoir revoir ma stratégie. Du coup, j'ai été me reposer trois heures et j'ai bien récupéré. Maintenant, je suis prêt à attaquer… »Partagez sur les réseaux sociaux
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